Cet incident met en lumière ce qui sera peut-être un jour révélé comme un véritable scandale, une gestion au plus juste, au mépris des risques encourus par les ouvriers, les salariés du lieu et les visiteurs. Le CNIT a besoin d’une rénovation. On le sait depuis de nombreux mois. Les espaces de conférence et d’exposition, enfoncés dans les sous-sols du bâtiment, ne sont plus en phase avec les attentes (bruit des cuisines, pas de wifi, Internet bas débit, plafond bas, ambiance lugubre, sonorisation fantaisiste…). Le CNIT s’offre donc une nouvelle jeunesse. Nous l’annoncions d’ailleurs dès le 5 juin dernier :
http://www.nieuwblog.com/Le-CNIT-ferme-ses-portes-en-2007-!_a194.html
Mais nous pensions à l’époque que le propriétaire des lieux et ses exploitants, mettraient en œuvre les « bonnes pratiques » pour préserver au minimum la sécurité des ouvriers et des visiteurs, c'est-à-dire fermer le site le temps des travaux.
Nous avons vite déchanté ! D’abord la poussière qui dès le mois de septembre, gênait les visiteurs des salons. Une poussière dont certains plus experts que moi, à la vue du flocage qui s’émiettait parfois des canalisations, laissent à penser qu’elle pourrait contenir de l’amiante, respiré sans protection par des milliers de visiteurs.
Et maintenant l’échafaudage, planté au milieu du CNIT, sur plus de 20 mètres de hauteur, et simplement bordé de quelques filets de moins d’un mètre de large, mal tendus. Je ne suis pas inspecteur du travail ou de la sécurité, mais est-ce normal de protéger un chantier de 20 mètres de haut par un filet mal tendu de moins d’un mètre de large. Même si j’ai arrêté la physique en 3ème, je crois qu’un tel filet ne sert pas à grand-chose pour stopper la chute d’un corps ou d’un objet.
D’ailleurs mercredi dernier, la poutrelle en question, tombée du haut du chantier a largement rebondi sur les étages inférieurs avant de s’écraser avec fracas à l’endroit même où les visiteurs se pressent pour rejoindre leur travail ou leur moyen de transport. A quelques heures près, je crains que nous n’ayons eu à déplorer plusieurs blessés graves ou pires…
Quelques contremaitres présents en même temps que moi… au café… on d’ailleurs réagi immédiatement, empêchant les ouvriers de récupérer la poutrelle et appelant sans délai l’encadrement du chantier.
Mais encore une fois la pression économique d’un exploitant Paris-Expo ou du propriétaire Unibail qui veut à tout prix maintenir ouvert un édifice en pleine restructuration pour limiter sa perte, au mépris de la sécurité de tous ; conjuguée à la pression d’un entrepreneur qui mégote sur les protections et la sécurité, ont constitué un cocktail détonnant. Et cela n’arrive pas que sur les chantiers boueux où vous n’allez jamais, chers lecteurs en cols blancs. Je suis sur que vous y penserez la prochaine fois que vous passerez au CNIT, entre l’échafaudage, le café et l’ancien marchand de journaux. Serrez les dents et foncez, vous échapperez peut-être à la prochaine chute !