Et quand on a laissé la parole aux « français », ces dizaines de personnes qui se sont relayées sur les plateaux télévisés, c’était toujours dans un seul objectif, répondre à leur petit problème personnel du moment. « Allez-vous m’aider ? » semblait la seule question à la bouche des « français moyens » issus des panels. Et quand de l’extérieur on se penchait sur la socio-démographie française, elle ne semblait finalement constituée que de « jeunes de banlieues », de « femmes battues », de « handicapés », de « petites retraites » et de ces multiples minorités qui ont, à juste titre, tenté de faire entendre leur voix.
Mais une élection présidentielle se gagne à la majorité des suffrages exprimés, pas aux gesticulations médiatiques de quelques minorités, aussi respectables qu’elles puissent l’être. Désolé de le rappeler aux déçus de cette élection, mais la voix d’un « jeune de banlieue » pèse le même poids que celle d’un agriculteur, d’un jeune diplômé, d’une caissière de supermarché, d’un salarié dit « de base » ou de l’un des millions de français silencieux.
Là encore le Web et sa déclinaison sous forme de blogs, qui s’est voulu le reflet de la France qui s’exprime, a montré toute la faiblesse de sa représentativité. Les blogs et sites « anti-sarko » se sont multipliés, plus narcissiques les uns que les autres ; A défaut d’être « pro quelque chose » ils se sont contentés de gesticuler « contre ». Et les quelques blogeurs engagés ouvertement aux côtés du candidat de l’UMP dont le médiatique Loïc Le Meur, ont fait les frais de cet engagement, conspués par des hordes de bobos agressifs.
Le monde du web semblait acquis à la cause de la Gauche, tout comme Libération ne faisait aucun mystère de son engagement anti-droite.
Alors pourquoi ce résultat malgré une telle gesticulation multimédia ?
La petite analyse sans prétention que je fais ce soir est simple. C’est une question de mathématiques. L’élection ne vise pas à faire gagner celui qui crie le plus fort, mais le plus grand nombre d’électeurs qui partagent la même opinion. Tant mieux !
Or ces dernières semaines, face au délire médiatique « anti-sarko », des centaines de milliers de personnes se taisaient ; ils avaient leur opinion ; ils n’envisageaient pas d’en changer ; et les diatribes contre leur poulain ne faisaient que les conforter dans leur choix et dans leur silence.
Y a-t-il en France plus de « jeunes de banlieues anti-sarko » que de « simples travailleurs » ? Et bien non, même si les premiers s’égosillent pendant que les seconds travaillent ! Et c’est cela qui a fait toute la différence. La victoire de Nicolas Sarkozy lui a été apportée par un peuple nombreux de gens discrets qui travaillent ou aimeraient travailler, pour lesquels les valeurs de base sont celles de l’effort et de l’amélioration, opposées à celles de l’assistanat perpétuel et de ceux qui ne pensent qu’à profiter d’un système. Ce système s’il ne fonctionne pas, il faut le changer. C’est ce qu’a proposé Nicolas Sarkozy aux français ; il a semblé plus convaincant, plus pragmatique et plus efficace que sa concurrente.
Espérons que ce soir les partisans de Ségolène Royal ne nous sortiront pas le coup du « vote sexiste » car il n’en est rien. C’est le manque de clarté, de logique d’efficacité, de performance... qui a conduit les français à voter ainsi, pas du tout le fait que nous ayons pour la première fois opposé une femme et un homme.
Alors demain, comme tous les jours, je me lèverai tôt. Je tenterai, comme chaque jour, de créer un peu de valeur, pour moi et ceux qui m’entourent, et plus loin dans le circuit économique pour ceux qui bénéficient de ma consommation. Modestement, je participerai à l’économie de notre pays sans lui demander quoique ce soit en échange, juste qu’il me laisse travailler sereinement, pour moi et pour les autres. Inutile de le cacher après un tel billet, je suis ce soir heureux de faire partie de la majorité. Mais je respecte totalement les électeurs qui n’ont pas fait le même choix que moi. A chacun maintenant de respecter la démocratie et le choix des français (le faible niveau d’abstention ne laisse aucun doute sur la légitimité obtenue par le gagnant). Et j’aurais bien entendu appelé au même respect si le résultat avait été inverse.