Quelles étaient donc les valeurs d’entreprise que Monsieur Albert Deshayes tentait de promouvoir en 1959 lorsqu’il a créé l’entreprise que vous dirigez ? Etait-ce son objectif de ternir au quotidien l’image de l’entreprise par le comportement dangereux de certains de ses salariés ? Est-ce devenu le votre ?
Les faits : le 6 août dernier, sur la départementale D 613 l'un de vos camions a tout simplement agi d'une façon inqualifiable. Entre Sainte Colombes la Commanderie et Bernay, aux alentours de 19h50, le camion immatriculé 3933 XE 93 (plaque de la cabine) a collé à mon pare-choc arrière (environ 3 mètres de distance) mettant en danger ma vie et celle des autres usagers de la route et mettant à mal l’image de votre entreprise tout entière qu’il affichait par votre logo présent sur la cabine et sa remorque.
Sans présumer de mes connaissances, je peux affirmer que la distance de freinage de ce type de véhicule (même à vide) est très certainement supérieure à la distance de freinage de ma voiture et que la distance qui nous séparait n'était en rien un gage de sécurité et de prudence.
Sans avoir le permis adéquat, je sais également que la vitesse des camions est plafonnée. Qui plus est, sur cette route, les limitations de vitesses sont de 90, 70 ou 50 km/h selon la nature des zones traversées.
Visiblement mes 90 km/h ne satisfaisaient pas votre chauffeur. J'ai fini par atteindre 100 km/h, pour mettre un peu de distance entre votre camion et ma voiture. Tentative inutile, puisque votre chauffeur a rapidement comblé l'écart. Toutefois, ce court répit m'a permis de voir sa plaque minéralogique et non plus seulement le radiateur de votre camion, dans mon rétroviseur. C'est donc à plus de 90 km/h que nous avons roulé, au plus grand mépris des limitations de vitesse et des zones, habitées ou non, que nous traversions. Inutile de vous dire que je n'ai même pas envisagé de ralentir à 70 km/h, je ne sais même pas si le chauffeur pouvait voir mon troisième feu de stop.
Vos chauffeurs ne sont pas à l'abri d'un manque d'attention passager (vitesse et/ou distance). C'est le lot de tout conducteur. Mais ce chauffeur échappe à l'excuse. Son comportement était aussi intolérable que volontaire et constant ! Une double voie lui a permis de me dépasser, mais sa vitesse (excessive est-il nécessaire de le préciser) ne lui a pas permis de dépasser la voiture qui me précédait (encore trop loin). Toutefois il eut vite fait de la rattraper et de lui infliger le même comportement, jusque sur une portion combinant virages et pente. Je peux comprendre que votre chauffeur ait été pressé, nous le sommes tous. Vous comprendrez aisément que de mon coté, je souhaite rentrer en vie, sans être mise en danger par un fou du volant se moquant des limitations de vitesses ! J'ose espérer qu'il ne transportait pas de produits chimiques !
Je comprends parfaitement les contraintes de votre profession et celles de vos chauffeurs. J'ose espérer que ce comportement aussi inconscient que criminel ne reflète pas la politique de votre maison de transport ! J’aurais pu choisir de rejoindre la gendarmerie la plus proche et déposer plainte. Mais il m’a semblé plus efficace de publier ainsi cette lettre ouverte pour vous faire prendre conscience non seulement du comportement de certains de vos salariés, mais surtout de l’impact négatif de ce comportement sur l’image de votre entreprise. De nombreux clients et prospects de votre société de transport liront cette lettre ouverte et sauront ainsi dans quelles conditions sont transportées leurs produits.