Et oui, d’ici quelques années, la prochaine génération de blondinets aura peut-être oublié le goût, la couleur et la forme du camembert. A qui la faute ? A quelques industriels prêts à tout pour conserver et faire fructifier la grosse part de fromage qu’ils ont obtenu de consommateurs aux esprits faibles (pléonasme ?).
Pour de nombreux enfants déjà, le poisson n’a plus dans leur esprit la forme habituelle, mais celle d’une croquette panée ; au point d’ailleurs que quelques industriels tentent de donner à leurs croquettes une forme plus proche de l’iconographie habituelle des poissons de nos mers et rivières.
Mais à préférer un « camembert » tout court, vendu moins d’un euro par le « libre-service à prix sacrifiés », les parents consommateurs ouvrent grand la porte à la disparition du camembert traditionnel, mais aussi de bien d’autres produits non seulement succulents, mais aussi riches de leur terroir.
Et si demain Lactalis décrète que la production d’un camembert en tube ou carré est plus intéressante financièrement, c’en sera fini de l’image et du goût d’un de nos emblématiques fromages français.
Je ne m’essayerai pas à résumer ici la pression que tente d’imposer Lactalis et d’autres industriels pour transformer la recette du camembert et l’aseptiser, une bonne recherche sur Google sur le sujet fera remonter de nombreux résultats.
Juste une remarque : demain samedi, peut-être ferez-vous vos courses dans une grande surface. Si vous passez devant le rayon des camemberts, rappelez-vous ce billet… et regardez les étiquettes.
Le seul et unique vrai camembert est un Camembert de Normandie AOC, au lait cru et moulé à la louche. Si ces trois mentions ne sont pas présentes, passez votre chemin et rabattez-vous sur la vache qui rit !
Ne faites ni confiance aux allégories qui illustrent l’étiquette, ni à votre inconscient… Le fameux camembert Lepetit, qui a peut-être égayé la table dominicale de votre enfance, comme le meilleur camembert… Lepetit n’est plus ! Adieu le lait cru depuis le rachat par Lactalis, bienvenue au lait thermisé… L’étiquette n’a pas changé, mais le consommateur risque d’être trompé. Rassurez-vous, en cherchant bien, il reste de belles marques (Gillot, Graindorge par exemple), et si votre détaillant ne les a pas, faites un effort, passez chez un vrai fromager.
Et si vous n’êtes pas trop « camembert » et que vous préférez d’autres fromages, là aussi plongez dans l’étiquette. Vous constaterez combien il est difficile de trouver aujourd’hui un plateau de fromage au lait cru.