C’est en effet à Paris-Plage, lieu mythique où la banlieue populaire descend en masse pendant les semaines et week-ends de juillet et août que Bertrand Delanoë, après le Velib va proposer sa « charte de l’authentique ».
Je ne suis pas certain que les acheteurs déambulant avec leurs faux Vuitton, faux t-shirt Chanel, fausses casquettes Eden Park, faux polos Lacoste… se sentent véritablement concernés par cette nouvelle campagne de « prévention ».
Et pourtant l’enjeu est de taille à quelques semaines de l’ouverture de la Coupe du Monde de Rugby, qui risque encore une fois de drainer son lot de copies grossières.
Et quand on voit que l’argument principal de l’été pour cette campagne anti-contrefaçons est la préservation de la nature, je me permets quelque scepticisme. L’acheteur d’un polo contrefait achètera-t-il demain réellement l’original pour préserver l’environnement ?
Au risque de choquer encore, il me semble que c’est l’acheteur, le consommateur qui devrait tout d’abord être puni. Se promener à Paris-Plage ou ailleurs en toute impunité, vêtu de contrefaçons de la tête aux pieds, ne devrait pas être toléré. Et si le porteur craignait réellement d’être taxé à chaque fois qu’il arbore une contrefaçon, peut-être hésiterait-il plus à en acheter. Autre cible bien entendu les vendeurs au détail. Il suffit de se promener aux puces ou dans les quartiers touristiques de la capitale ou de la côte d’azur pour constater que les beaux discours ne sont malheureusement pas suivis d’effets… Bien entendu les gros traficants doivent également être recherchés et interpellés, mais si on laisse le circuit distribution-achats réaliser de confortables bénéfices, on reste au milieu du gué.
Pour compléter votre information, voici le communiqué officiel de la Ville de Paris :
Campagne anti-contrefaçons « été 2007 » :
La Ville de Paris signe la « charte de l’authentique » avec l’Union des Fabricants,
le 26 juillet, à 15h00, à l’Hôtel de Ville, dans le cadre de Paris-plage.
De façon particulièrement symbolique, Paris, première ville de France, et son Maire, M. Bertrand Delanoë ont décidé de se mobiliser contre la consommation et la diffusion de contrefaçons en signant la « charte de l’authentique » que l’Unifab et les 400 entreprises qu’elle regroupe, propose depuis deux ans aux collectivités locales.
Ainsi que l’avaient déjà fait Nice et Marseille, mais aussi de nombreuses communes de la côte d’Azur, comme Cannes, Menton, Saint-Tropez, Ramatuelle, Saint-Raphaël, après la ville de Saint-Ouen qui abrite le marché aux puces et pour cela pionnière du partenariat avec l’UNIFAB en région Ile-de-France, et avant que ce texte ne soit soumis, à la rentrée, à la triple signature de Saint-Denis, du Stade de France et du comité d’organisation de la Coupe du Monde de Rugby, proposé, en Normandie, aux villes du Havre et de Rouen particulièrement concernées en raison de leurs activités portuaires, enfin négocié pour une signature globale avec l’association des maires de France (AMF), la ville de Paris s’engage davantage encore dans la défense de l’emploi et de la croissance, dans la protection de la sécurité et de la santé des consommateurs, dans le choix d’un développement durable et d’un commerce équitable en mobilisant les services publics locaux, les professionnels du tourisme, les acteurs économiques de la capitale pour, non seulement, faire reculer les ventes de contrefaçon sur son territoire, mais aussi, de façon préventive et pédagogique, sensibiliser chacun aux conséquences économiques, sociales et environnementales particulièrement négatives de ce fléau. L’Union des Fabricants poursuit ainsi sa traditionnelle campagne de sensibilisation estivale, amorcée, comme depuis cinq ans, le 13 juillet dernier, dans les départements du Var, des Alpes-Maritimes et des Bouches-du-Rhône, en étendant ses opérations à la désormais fameuse station balnéaire de « Paris-Plage », afin de sensibiliser les parisiens, les franciliens, les visiteurs venus de province ou de l’étranger, ainsi que les touristes qui fréquentent la capitale aux dangers des copies, faux et autres imitations.
Autour du slogan « ContreFaçon : ContreNature ! », l’Union des FABRICANTS et la Ville rappelleront que, d’un point de vue écologique, c’est évidemment la démarche même du contrefacteur qui détériore les écosystèmes, met en danger la biodiversité, compromet l’avenir de la planète. Peut-on imaginer un instant que les faussaires renoncent à intégrer dans leur processus de production l’usage permanent des ressources non renouvelables, le non respect de la convention CITES sur les espèces protégées, l’indifférence totale à la déforestation, l’ignorance du recyclage et du tri sélectif, à l’exploitation du travail des enfants, l’appauvrissement culturel, le mépris de toutes dispositions sociales, la fin des identités et la banalisation des civilisations. Marc-Antoine JAMET, président de l’Union des fabricants a déclaré : « Partout, la croisade du développement durable recueille de nouveaux fidèles. Partout on combat, à bon droit, pollution, exploitation, gaspillage. Partout, on exige l’excellence écologique, la prise en compte du futur des générations, le retour aux valeurs. Le faux, qui en est l’antithèse, le contraire absolu, la négation perfide, demeure cependant pardonné, excusé, absous. Avec le maire de Paris, sur le site de Paris Plage et en signant cette convention, nous avons voulu rappeler qu’acheter de la contrefaçon, c’est aussi aller contre la Nature. ».