Idées et débats
Depuis le 24 avril, le musée de l'informatique et le musée du jeu vidéo sont fermés. En effet, suite à un incident technique grave, les quatre ascenseurs panoramiques qui desservent le Toit de la Grande Arche ont été arrêtés, l'Etat appliquant à juste titre le principe de précaution.
Mais les affres de la bureaucratie française n'ont pas permis de trouver une solution organisationnelle et technique alors que quatre autres ascenseurs intérieurs desservent le Toit de la Grande Arche en passant par ses parois.
Initialement annoncée pour une durée de quatre mois, la réparation des ascenseurs semble n'être qu'un prétexte pour remettre en question l'exploitation touristique du Toit de la Grande Arche. Et ce monument phare du département des Hauts de Seine, qui attire plus de 250 000 visiteurs par an, pourrait bien ne jamais réouvrir au public.
Quoiqu'il en soit le musée de l'informatique et le musée du jeu vidéo sortiront de cette passe difficile, mais pour nous soutenir dans notre démarche nous avons besoin de votre appui.
Signez la pétition "pour la réouverture du musée de l'informatique" !
Vous êtes un élu, un chef d'entreprise, et vous souhaitez accueillir le musée de l'informatique de manière temporaire ou permanente dans votre ville, contactez-nous.
Vous représentez une entreprise, une école, un organisme professionnel ou culturel, et vous souhaitez soutenir notre démarche, contactez-nous.
<a href="http://www.mesopinions.com/Pour-la-reouverture-du-musee-de-l-informatique-et-du-musee-du-jeu-video-petition-petitions-ccc4b249433ef0d325d50215e95d5aa8.html" target="_blank" title="petition"><img src="http://www.mesopinions.com/_images/petition-1.gif" style="border:0;" alt="petition"/></a>
Pour plus de renseignements, vous pouvez me joindre directement par email à philippe.nieuwbourg@museeinformatique.fr
Pipotron
Aujourd'hui, jouons au concours du titre de communiqué de presse le plus long... Je vous propose donc celui que je viens de recevoir de Athic :
Pour la 1ère fois, ATHIC est présent au Salon Gestion Finance les 22 et 23 juin au CNIT – Paris La Défense, l’occasion pour l’éditeur de logiciels et l’intégrateur de solutions de dématérialisation de flux entrants de présenter DELIVRIS, solutions en mode SaaS pour la dématérialisation des encaissements et des titres prépayés.
Essayez donc de le lire en une fois sans respirer entre les mots !
Depuis qu'on a dit aux attachées de presse que les journalistes ne lisaient que les titres des communiqués de presse, elles ont trouvé le remède... elles mettent tout dans le titre. Du coup, bravo, ça ne sert vraiment plus à rien de lire le reste... puisque tout est dans le titre !
Pipotron
Image du film La Grosse Caisse de Alex Joffé, 1965
Le lauréat du dernier Start-up week-end organisé à HEC ose l'incitation à la fraude par les usagers du métro parisien. Belle mentalité pour Benjamin Suchar, le créateur de cette application, qui contient tout un volet destiné à créer une communauté de fraudeurs dans le métro parisien.
Voici les termes précis de son communiqué de presse :
"CheckMyControlR, un moyen original de « checker » les contrôleurs dans le métro et de découvrir en direct leurs activités !
Partagez... Vous êtes dans le métro et venez de voir un contrôleur ? En quelques clics, validez votre station de métro et prévenez la communauté. Checkez... Mais où peuvent bien être les 968 contrôleurs du métro parisien? Consultez le live feed pour connaître leurs derniers mouvements.
Distinguez-vous... Participez activement à la communauté et gagnez un maximum de points et tickets pour devenir le meilleur Checkeur."
Dommage de pratiquer de manière aussi ouverte et de faire ainsi de l'incitation à la fraude un argument commercial, fraude dont on rappellera qu'elle pénalise essentiellement les usagers honnêtes du métro qui en supportent le coût. Vous me répondrez que nous sommes dans le pays de la triche et du contournement de la loi. Certes ! Et les appels de phares peuvent être aussi considérés comme une incitation au dépassement de la vitesse. Mais de là à en faire une application, la vendre, et récompenser cette initiative lors d'un trophée sponsorisé par Orange et HEC... je reste dubitatif.
Quant à la validation de l'application par Apple, nous verrons bien... mais si Steve Jobs refuse les applications qui proposent des images de jeunes femmes en maillot de bain, validera-t-il une application qui se propose ouvertement d'aider à transgresser la loi et les règles du vivre ensemble ?
Pipotron
Je ne supporte plus de poser cette question trois ou quatre fois par jour !
Je vous explique... Une des activités principales des responsables de communication et agences de relations presse lorsqu’elles n’ont rien à dire, consiste à envoyer des communiqués de presse de nomination... on nomme tout le monde maintenant, un DG, un directeur quelconque, mais aussi un commercial, une secrétaire, un homme de ménage... ou presque. Et à chaque nomination on ponds un beau communiqué de presse dans lequel l’heureux élu se gargarise d’avoir été nommé balayeur dans une si belle société. S’il est américain, il en profite pour être terriblement « excited ». Et de son côté l’entreprise se gargarise d’avoir trouvé un collaborateur aussi génial... blablabla...
Tout cela correspond bien entendu à une posture convenue car :
1) on attend le plus souvent la fin de la période d’essai pour annoncer la nomination de l’oiseau rare en question; pour éviter de devoir constater en cours de période d’essai que les termes élogieux étaient quelque peu exagérés.
2) on ne se fendra bien entendu pas d’un communiqué identique lors du départ de l’intéressé. Le plus souvent nous constatons le départ de quelqu’un par sa nomination élogieuse chez son principal concurrent !
Mais ce dont je veux vous parler ce soir, c’est de ces fameux communiqués dits « de nomination ». Le rêve de toute attachée de presse est bien sur qu’ils soient repris. Pourquoi ?
Pour faire du chiffre pardi ! Ca compte comme une retombée presse, même si ce n’est que quelques lignes. Et puis, pas trop de risque d’avoir un article négatif. Ce sont généralement les secrétaires de rédaction qui s’en occupent ou les stagiaires. Et puis il faut vraiment être tordu comme moi pour ajouter quelques lignes parfois perfides sur le parcours précédent de l’intéressé. Donc risque proche de zéro.
Toute attachée de presse a donc envie que l’on reprenne l’info. Et vous savez quoi ? Une nomination est presque toujours celle d’un être humain, qui le plus souvent est équipé d’une tête (vide dans certains cas, mais ça ne compte pas), et donc d’un visage... et donc d’une potentielle photo. Photo que ces abrutis du monde de la communication ne sont pas capables de joindre au communiqué d’annonce, alors même qu’ils/elles ne rêvent que d’une reprise de l’info et de la photo ! Il faut donc qu’à chaque communiqué, je me fende d’un mail de réponse, afin de demander une photo, qui m’est le plus souvent envoyée alors que jointe au communiqué, elle aurait évité de faire perdre du temps à tout le monde.
Une photo... certes... mais laquelle ? Dans le monde du low cost qui nous entoure, seuls les grands PDGs ont droit à un photographe professionnel. Sinon la plupart du temps, le jeune nominé se contente d’un sourire de circonstance devant l’iPhone d’un copain. Et s’il n’a pas d’iPhone, ni de copain, il va retrouver une photo de vacances. Alors je vous propose les cinq erreurs à éviter pour votre photo de nomination, cinq erreurs tirées bien entendu de photos reçues ces dernières semaines :
Erreur n°5 : le vieux beau qui aime son regard ravageur (il est généralement directeur commercial) et vous envoie une photo digne de son profil Meetic... tiens d’ailleurs c’est la même !
Erreur n°4 : le photo détourée à la bouche. Genre photo prise dans un lieu de débauche ou pire avec le logo de l’employeur précédent en fond. Du coup, comme notre attachée de presse ne sait pas se servir de photoshop, elle fait un détourage grossier, aussi visible que si la photo avait été découpée aux ciseaux.
Erreur n°3 : le pin’s... savez-vous qu’aujourd’hui les appareils numériques permettent de prendre des photos de plusieurs milliers de pixels ? Alors si vous voulez donner de la visibilité à votre poulain, arrêtez d’envoyer une photo de 142 pixels de large... ou arrêtez d’en envoyer une de 250 pixels en précisant que c’est une photo HD ! Vous payez Internet au pixel envoyé ?
Erreur n°2 : Pas de photo ! « Je vous l’enverrai dès que je la recevrai »... mais espèce de cruche, on n’envoie pas un communiqué de nomination si l’on a pas reçu la photo de son client ! Comme de toutes façons il est nommé depuis trois mois, ça peut bien attendre 48 heures de plus.
Erreur n°1 : Ma préférée, la photo manifestement coupée un peu près de l’épaule du nominé, afin de faire disparaitre celui ou plutôt celle qui se trouvait à sa gauche. Et oui le regard ébahi de notre nominé ne vient pas de la joie d’être rentré dans cette entreprise, mais plutôt de la présence d’une charmante compagnie à ses côtés... car si l’on regarde un peu plus bas que le visage... oui, plus bas, encore... on distingue une main clairement féminine posée langoureusement sur la cuisse de notre nominé... main que l’on a pas pu couper au montage à moins de couper la cuisse du récipiendaire !
En conclusions, mesdames et messieurs les attachés de presse et responsables communication qui allez continuer à envoyer vos communiqués de nomination, deux conseils gratuits : d’abord faites attention aux photos que vous envoyez et jouez votre rôle de conseil auprès de votre client ; et second conseil, envoyez toujours une photo, correcte, de bonne taille, en pièce jointe à votre communiqué. Celui qui ne veut pas voir la photo n’ouvrira pas la pièce jointe, et celui qui en a besoin vous en sera reconnaissant.
Idées et débats
Vous connaissez la soupe miso, une soupe transparente, sans vraie saveur, dans laquelle flottent quelques cadavres d’algues, champignons et pâte de soja. Le marché informatique c’est un peu cela aujourd’hui et la soupe MISO est composée de Microsoft, IBM, SAP et Oracle. Quatre éditeurs mammouths qui par acquisitions à coups de milliards de dollars ont presque digéré tous les éditeurs indépendants de la planète.
Le métier de journaliste consistait il y a quelques décennies, à informer les clients, les utilisateurs, sur les tendances, les nouveautés, et à porter un regard critique et sans complaisance sur le discours marketing des vendeurs divers. A cette époque le lecteur plébiscitait et payait pour une information indépendante et travaillée.
Aujourd’hui le journaliste n’est plus rien face à ces animaux à sang froid que sont devenus les ingrédients de la soupe miso. Au point de se demander ce qu’on attend de lui... Plusieurs hypothèses :
1) on attend de lui qu’il porte haut et fort la bonne parole positive de l’éditeur, sache ne pas poser trop de questions, et si par hasard la réponse était trop franche, qu’il sache s’auto-censurer. Tout cela sans rémunération bien entendu, car le journaliste reste « officiellement » indépendant, et donc non rémunéré par ceux dont il fait la publicité.
2) on attend de lui, chez certains éditeurs, qu’il n’écrive surtout pas sur l’entreprise en question. Certains éditeurs ont remplacé leur responsable communication par des chargés de non-communication, dont le métier est de faire en sorte que le journaliste n’obtienne jamais de réponse aux questions qu’il pose.
Et si par malheur il arrivait à notre journaliste de tenter de faire correctement son travail, il tomberait alors sur ses épaules une pluie de réactions des personnes concernées, dans un registre qui va de la menace à la supplique pleurante. Entre les « on se connait bien », les « je te le demande comme un service », les « je vais me faire virer »... toutes les ficelles sont employées pour tenter de le remettre dans le droit chemin de la communication contrôlée.
Il y a quelques semaines, discutant avec un jeune journaliste inquiet à l’idée d’écrire en franchissant la ligne du parti, je lui faisais cette remarque : « un bon journaliste me mesure au nombre de ses ennemis, pas au nombre de ses amis ». Cela me semble très vrai, et c’est la différence entre le journalisme, où l’on se met tout le monde à dos, et la communication, où l’on se fait bien voir de tout le monde.
Inutile de préciser que le communicant gagne bien mieux sa vie que le journaliste...
Alors, maintenant, il me reste à choisir. Le journaliste que je suis depuis des années et qui commence à être bien fatigué de ces batailles quotidiennes va-t-il laisser sa place à un communicant bien rodé et bien pensant ?
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26/12/2010 08:47
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10/11/2010 15:46
Philippe Nieuwbourg
Mes idées, mes réflexions, mes opinions, sur la vie courante, la vie professionnelle, le présent, le passé, le futur... un blog très égocentrique en réalité ;-)
Pour me contacter, philippe@nieuwbourg.com
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